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L’inventaire (pas si fastidieux) des brasseries valentinois à la gamme complète : entre diversité et savoir-faire

13/01/2026

Pourquoi une “gamme complète” de bières artisanales ?

Avant de partir en goguette dans le paysage brassicole valentinois, petit détour lexical : que signifie “une gamme complète” quand on parle de brasserie artisanale ? Pour faire simple, il s’agit d’une brasserie qui propose un éventail cohérent et diversifié de bières : blonde, brune, rousse, blanche, mais aussi de styles “modernes” comme IPA, pale ale, porter/stout, sour/bières acides, voire quelques expérimentations saisonnières.

Ce n’est pas une “course à la variété” : il s’agit surtout de répondre aux envies de palais curieux, et de montrer le savoir-faire de l’artisan. À Valence et ses alentours, on voit fleurir ce genre de brasseries capables de satisfaire tout le monde, du néophyte au geek de la mousse. Mais alors, lesquelles cochent toutes les cases ?

Tour d’horizon des brasseries valentinois à la gamme variée et complète

Brasserie La Valentinoise : la pionnière polyglotte

Impossible d’arpenter le pavé valentinois sans tomber sur une bouteille de La Valentinoise. Fondée en 2012, elle s’est très vite illustrée par sa volonté de proposer les classiques du goût (blonde, blanche, ambrée), mais aussi par son petit grain de folie. Aujourd’hui, leurs incontournables :

  • La Blonde – maltée, légère, parfaite à l’apéro
  • La Blanche – ronde, avec blé et coriandre ; idéale aux beaux jours
  • L’Ambrée – caramel/cacao, belle complexité mais très digeste
  • La Rousse – malt ruby et fruité sec
  • L’IPA – résolument houblonnée, presque didactique pour initier aux styles américains
  • Des saisons et éphémères : triple belge, American Pale Ale, bière de Noël (clin d’œil à la tradition du Nord), et même quelques bières vieillies en fût chaque année.

Leur production annuelle dépasse les 800 hl, témoignage d’une belle implantation (source : France 3 Régions). À noter, l’effort de la brasserie pour travailler avec pas mal de matières premières françaises : orge locale, certains houblons provenant de Haute-Savoie et d’Alsace (source : page Facebook et site officiel).

Brasserie Le SUD – l’audace locale à toutes les sauces

Le SUD s’est installé à Portes-lès-Valence en 2016, et a rapidement pris un virage moderne : ici, pas de complexe à mettre la main sur des houblons d’outre-Atlantique ! Leur gamme permanente table sur :

  • Session IPA – légère, parfumée jusqu’au bout des houblons
  • Blonde et Blanche, versions recettes du chef
  • Brune façon milk stout – rondeur et touche lactée
  • Des séries “Saison” épicées (gingembre, poivre du Sichuan... oui, on ose !)
  • Black IPA (jeu sur la couleur et l’amertume)

Sur l’année 2023, ils ont sorti pas moins de 13 recettes différentes (source : site web Brasserie Le Sud). Leur force ? La flexibilité. Une gamme qui va du classique “glou-glou” à la nouveauté qui titille les papilles, en passant par des collaborations festives avec d’autres brasseries locales, comme la Brasserie Malt Emoi ou La Parisienne d’Ardèche. On notera un gros engouement autour de leur Sour Framboise estivale (épuisée plus vite qu'une pinte en happy hour).

Brasserie Malt Emoi – La palette des styles maîtrisée

Pas vraiment à Valence intra-muros, mais à Bourg-lès-Valence, Malt Emoi propose, depuis 2015, un choix de bières qui ferait pâlir d’envie quelques bars à bières branchés. Parlons concret :

  • Blonde, triple et blanche, aux bases sûres
  • IPA et Double IPA, carrément houblonnées, style US
  • Imperial Stout et Porter café-chocolat pour les amateurs de noirceur gourmande
  • Gamme “Fruitée” : cerise, framboise, cassis (bières légèrement sucrées et acidulées, parfaites pour créer des ponts entre amateurs de vin et de bière)
  • Saison, Gose, et même une Berliner Weisse pour les fans d’acidité

Leur secret ? Une créativité certaine, alliée à une belle régularité. La brasserie excelle dans l’organisation d'ateliers dégustation et de brassins collaboratifs, favorisant la découverte des styles méconnus. Leur production avoisine les 500 hl/an (source : Dauphiné Libéré, mars 2023).

Qui se démarque sur la diversité, l’innovation… et la pédagogie ?

Une attention portée aux bières acides et expérimentales

Traditionnellement, en Drôme, les styles dominants étaient la blonde et l’ambrée. Mais de plus en plus, la mode des bières acides (sours, Berliner Weisse), des bières “new wave” (NEIPA, DDH, bières vieillies en fut de chêne) déboule dans les cuves. Chez Le SUD ou Malt Emoi, chaque passage à la brasserie réserve une surprise saisonnière :

  • Berliner Weisse à la poire, Gose au citron-gingembre, Pale Ale au houblon alsacien expérimental
  • Collaborations : la Sour pain d’épices avec La Parisienne d’Ardèche, la Rye IPA entre Malt Emoi et la brasserie La Machurette de Crest

Certaines cuvées limitées ne restent que quelques semaines à la vente, signe d’une clientèle attentive, voire addict au renouveau. Cette dynamique contribue à “éduquer” le public local, qui aujourd’hui goûte aussi bien une blanche acidulée qu’un classique stout crémeux.

Les collaborations inter-brasseries : un catalyseur de dynamisme

A Valence comme ailleurs, les brasseurs ne se font plus la guerre mais jouent l’émulation coopérative. Un mode de fonctionnement inspiré des brasseries américaines, mais très ancré chez nous :

  • Brasserie Le SUD collabore régulièrement pour créer des brassins spéciaux, étiquetés en série très limitée – souvent pour financer un événement local, soutenir un commerce, ou pur amusement.
  • Malt Emoi a lancé en 2024 la “Tournée des copains”, invitant chaque mois un autre brasseur de la vallée du Rhône à co-produire une bière (source : page Facebook Malt Emoi, avril 2024).

Ces échanges favorisent la création de bières hybrides, comme une Weizen IPA ou une Saison au miel de Tain l’Hermitage, et permettent de sortir des sentiers battus en toute convivialité.

Combien coûte la (bonne) diversité ?

Du côté porte-monnaie, l’offre en gamme complète n’implique pas de coûts prohibitifs, mais s'accompagne de choix logistiques. La plupart des brasseries valentinois vendent leurs crafts entre 3,2€ et 4,5€ la 33cl (prix cave/brasserie, relevé en mars 2024). En supermarché, ne cherchez pas de gammes complètes : l’offre reste standardisée et bien moins variée, sinon dénaturée par la grande distribution.

Par comparaison, en 2024, le prix moyen d’une bière artisanale en France était de 4,10€ la 33cl (source : Syndicat National des Brasseurs Indépendants), preuve que le secteur valentinois reste accessible, tout en proposant une vraie diversité pour le consommateur local. À noter, d’ailleurs, que plusieurs brasseries valorisent leurs coffrets “découverte”, permettant d’explorer leur gamme pour moins de 15€.

Petits tips pour dénicher toutes les gammes et explorer Valence autrement

Pour faire le plein d’expériences :

  • Les marchés de producteurs (notamment Place des Clercs, samedi matin) : Malt Emoi et Le SUD y apparaissent régulièrement
  • Bars à bières & caves : La Plato (rue Bouffier), Le Hop (Faubourg Saint-Jacques) mettent souvent à jour leur sélection locale
  • Evénements type “Fête des Bières Artisanales”, organisés chaque printemps dans le centre ville – l’occasion rêvée de goûter les nouveautés fraîchement sorties des cuves !
  • Brasseries ouvertes le samedi pour la visite et la vente à emporter… mais n’ayez pas peur de pousser la porte un soir de semaine, la convivialité n’est jamais en rupture de stock.

Vers une Valence brassicole toujours plus créative

En quelques années, Valence et ses alentours se sont affirmés comme un véritable petit eldorado pour les amateurs de bières artisanales, du classique revisité à l’acidulé en passant par cette fameuse IPA de terroir qui fait parler d’elle aussi loin que Grenoble. Gamme complète, certes, mais surtout gamme vivante, en constante évolution et au diapason des attentes (et des envies !) des Valentinois curieux.

Une prochaine balade pourrait bien vous amener à slalomer entre les styles, à rencontrer un brasseur qui vous expliquera la magie d’un houblon local, ou à découvrir cette sour éphémère aux fruits du Rhône qu’on n’attendait pas. Qui sait ? À Valence, la bière se boit… et se raconte !

SOURCES :

  1. France 3 Régions, dossier “Les brasseries artisanales en Drôme-Ardèche”, mai 2023
  2. Dauphiné Libéré, “La renaissance de la bière locale”, mars 2023
  3. Syndicat National des Brasseurs Indépendants, chiffres 2024
  4. Pages Facebook officielles des brasseries : La Valentinoise, Malt Emoi, Le SUD
  5. Site officiel Brasserie Le SUD, consulté mai 2024

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